Bonjour à toi,

Bienvenue dans le 16ème épisode de Mäli Mäli, le podcast qui t'aide à comprendre le charivari de ta vie. Je m'appelle Selma Sardouk, je suis coach certifiée et j'aide les femmes à décoloniser leur esprit, à prendre leur place, s'affirmer et à se libérer des normes sociales pour vivre une vie qui leur ressemble. Dans ce 16ème épisode, on va parler de la notion de carte du monde, un concept qu'on utilise beaucoup en coaching. 

Pour commencer cet épisode, je vais te proposer de noter ou bien de dire à voix haute :

Bonjour à toi, et bienvenue dans Mäli Mäli, le podcast qui t’aide à comprendre le charivari de ta vie. Je l’appelle Selma Sardouk, je suis coach et praticienne en thérapie brève et j’aide les femmes à prendre leur place, s’affirmer et à se libérer des normes sociales pour vivre une vie qui leur ressemble.

Après une petite pause estivale, me revoici pour un nouvel épisode de Mäli Mäli. À présent, on se retrouvera chaque vendredi pour aborder des thèmes de bien-être, santé mentale et développement personnel pour nous, les femmes nord-africaines. Le dernier vendredi de chaque mois, j’aurai le plaisir d’accueillir une invitée qui nous parlera d’un thème qui lui tient à coeur.

On me dit souvent que je suis une personne très souriante. Il paraît que je tiens ça de la famille de ma mère. Chez nous, on aime rire, s’amuser, danser et plus généralement passer du bon temps. Et oui, on hérite de beaucoup de chose de notre famille : des croyances, des valeurs, des schémas de pensée… Mais ce n’est pas tout, les blessures et les traumatismes non-résolus de nos ascendants nous sont aussi transmis.

Ça peut être au sein d’une lignée, lorsque une personne de la famille a vécu un trauma ou un événement douloureux et ça se joue aussi d’un point de vue collectif. Nos ascendants à nous, ont vécu plusieurs générations sous l’oppression coloniale, pour certains l’esclavage et des guerres à répétitions. Ils et elles ont été envahis, dépossédé de leur terres et ont vécu dans une grande violence, des exterminations de masse à la négation de leur humanité, en passant par les viols et la torture.

Dans cet épisode, je te propose de comprendre ce que sont les traumatismes trans et intergénérationnels et comment les détecter et dans les épisodes suivants.

3**/ Différence trans & inter**

Lorsqu’on parle de transmissions generationnelles, il est important de différencier les transmissions intergénérationnelles qui ont lieu de manière consciente ou inconsciente entre des générations qui se connaissent et qui sont reliées à la mémoire individuelle et les transmissions transgénérationnelles qui ont lieu de manière totalement inconsciente sur plusieurs générations et qui sont reliés à la mémoire inconsciente collective.

Ainsi, les traumatismes des guerres de colonisations sont de l’ordre du transgénérationnel. D’autre traumatismes comme l’oppression coloniale, la torture, les viols, la négations de l’humanité peuvent être de l’ordre de l’inter et du transgénérationnel.

D’autres traumatisme comme l’exil, la migration sont pour la plupart d’entre nous de l’ordre de l’intergénérationnel.

1**/ C’est quoi un traumatisme**

Premièrement, il faut différentier l’événement traumatique et le traumatisme.

Un événement traumatique, c’est, comme son nom l’indique, un événement soudain, brutal qui survient sans prévenir et durant lequel on sent que notre intégrité physique ou morale est en danger. En d’autre terme, c’est un moment d’une extrême violence où on a peur de mourir. La peur et le stress sont à un niveau tellement haut que notre cerveau se met en état d’alerte et ne sait pas quoi faire de l’information. C’est comme un beug du cerveau…

On peut très bien se remettre d’un événement traumatique au bout de quelques temps ou on peut en garder des séquelles et développer un traumatisme. Le traumatisme, c’est donc les conséquences de cet événement traumatique qu’on n’a pas pu digérer. C’est un mécanisme de défense qu’on programme pour se prémunir d’une potentielle répétition de l’événement traumatique dans le futur.

Pour résumer, l’événement traumatique est relié au passé, le traumatisme, on le ressent dans le présent et le traumatisme transgénérationnel, c’est un état présent qui est relié à un événement traumatique qu’ont vécu nos ancêtres et qui est inscrit dans l’inconscient collectif.

2**/ Pourquoi on transmets ça ?**

C’est notre instinct de survit qui nous fait prédire le stress des générations futures et on leur transmet notre mécanisme de défense face à ces événements. Le système nerveux se programme pour être hypervigilant au cas où un nouvel événement traumatique surgirait.

On transmet les traumatismes qui ne sont pas résolus.

4/ Le poids du silence

Il est important de souligner, que ce qui n’est pas dit ne disparait jamais. Le silence et la négation de la réalité joue un rôle important dans ce qui est transmis. Le silence permet de cacher ce dont on a honte et cette honte qui nous est transmise.

5**/ Comment on le detecte / Comment peut-on savoir qu’on a hérité d’un trauma transgénérationnel ?**

C’est quoi les maladies, les conflits, des schémas qui sont très présents dans vos familles et que tu n’expliques pas par ton vécu.

Par exemple, dans ma famille paternelle, nous sommes nombreux à avoir choisi de s’unir avec quelqu’un qui n’a pas été accepté dans notre famille. Comme pour le trauma racial, on peut aussi parler du niveau de stress particulièrement élevé, de l’hypervigilence.

Symptomes XXX qu’on ne peut pas expliquer par notre vécu. D’un point de vue collectif, notre rapport à nous même, notre rapport au monde est completement biaisé par cet héritage. Frantz Fanon évoquait un pacte colonial qui nous maintiendrait dans une forme de transe. On n’est pas vraiment nous-même et on souffre d’un complexe du colonisé. 

L’impact transgénérationnel de la colonisation va de maladies psychique ou psychiques, des psychosomatisations en passant par, entres autres, des difficultés à s’affirmer, une estime de soi complètement ratatinée, une rage qu’on ne peut pas expliquer.

6**/ Comment on s’en libère ?**

1/ Collectivement, on a besoin de se réapproprier notre histoire. Non la colonisation n’a pas été une époque bénéfique, ni pour nous, ni pour personne.

En parler, sortir de la honte et sortir de l’isolement. Tu n’es pas seule à vivre ça, c’est important de mettre des mots et d’échanger avec des personnes qui ont le même vécu que toi.

2/ Individuellement, apaiser le stress par un travail sur le corps (cohérence cardiaque/méditation, kemetic yoga)

Ensuite, on a besoin de restaurer cet estime de soi qui est tant délabrée par ce lourd passé. Comprendre qu’on a de la valeur, qu’on n’est pas défini par ce que les colons ont décidé qu’on serait pour eux il y a quelques siècles.

Merci d’avoir écouté ce 8ème épisode de Mäli Mäli, il est important de partager ces informations aux personnes qui sont concernés par le trauma transgénérationnel afin d’éveiller les consciences, en effet plus nous serons nombreuses à en parler et à en être conscients, plus il sera facile de s’en libérer.

On se retrouve la semaine prochaine pour l’épisode 9 dans lequel j’aborderai les traumatismes coloniaux spécifiques aux femmes.

A très vite dans Mäli Mäli